10 mars 2021: « Dis merci à la dame ! »

Andre compte sponville

 

Savoir être poli …

On peut se demander si le bien-être au travail n’est pas simplement comme le bien-être en société, c’est-à-dire une question de savoir-vivre ?

Dans ma dernière chronique,

03 mars 2021: Les 5 formes d’intelligence pour affronter l’avenir

j’évoquais les cinq formes d’intelligence pour affronter l’avenir (Howard Gardner) : discipline professionnelle, esprit de synthèse, créativité, respect et éthique. Ces deux dernières semblent particulièrement proches de vertus absolument nécessaires à la vie en société. Que serait la vie où règneraient intolérance et irrespect ? Que serait notre société sans éthique ? Plus que jamais, il en est de même dans le monde de l’entreprise.

Dans son livre, Petit traité des grandes vertus,

https://www.seuil.com/ouvrage/petit-traite-des-grandes-vertus-andre-comte-sponville/9782757842072

Le philosophe André Comte-Sponville débute sa quête par une « petite » vertu : la politesse ; comme s’il devait y avoir une cause ou une origine aux vertus plus nobles. Il se rend bien compte que « la politesse n’est pas une vertu mais une qualité, et une qualité seulement formelle ». Il nous rappelle qu’« un rustre généreux vaudra toujours mieux qu’un égoïste poli ». Bien que j’aie un faible pour la personnalité du héros de Maurice Leblanc, Arsène Lupin, il faut reconnaître qu’il en est de même, pour reprendre la formule de Comte-Sponville, d’un honnête homme incivil vis-à-vis d’une fripouille raffinée.  

Comme l’écrivait La Bruyère : « La politesse n’inspire pas toujours la bonté, l’équité, la complaisance, la gratitude ; elle en donne du moins les apparences, et fait paraître l’homme au-dehors comme il devrait être intérieurement ».

 

Savoir être respectueux …

 

La politesse, comme le respect et la morale, cela s’apprend. Mais « la politesse se moque de la morale, et la morale de la politesse. Un nazi poli, qu’est-ce que cela change au nazisme ? » Nous dit encore le philosophe français.

Nous connaissons tous l’expression : « trop poli pour être honnête ».

Gardner nous montre que les signes de faux respect ou de pseudo respect abondent dans le monde de l’entreprise. Par exemple ce qu’il appelle « lèche les grands enfonce les petits ».

Alors comment faire en société ou en entreprise ? Qu’est-ce qui prime ? Qualité formelle ? Qualité morale ?

André Comte-Sponville semble le concéder :  il faut quelques fois savoir sortir de cette prison de la politesse, et « l’honnêteté impose parfois de déplaire, de choquer, de heurter ».

 

Savoir déplaire dans le respect …

 

Ne serait-il pas tout simplement possible de déplaire sans irrespect ? Comme nous le répète Gardner : « un individu réellement respectueux accorde le bénéfice du doute à tous les êtres humains (…). Il reste ouvert à la possibilité qu’il ait pu se tromper. Il reste attentif à un changement de comportement qui restaurera un sentiment de respect à l’égard de l’autre ».

Il y a juste deux milles ans, Marc Aurèle, l’empereur-philosophe, le disait déjà : « Ils se flattent mutuellement mais ils se méprisent ; ils voudraient écraser ceux devant lesquels ils s’écrasent », mais « un tel me méprisera ? A lui de voir. Mais moi, je prendrai garde de ne rien faire et de ne rien dire qui mérite le mépris. Il me haïra ? A lui de voir. Mais moi, je resterai bienveillant et animé de bons sentiments ».

Comme quoi, vie en société ou vie en entreprise, même combat … et cela depuis des siècles !

 

A bon entendeur, salut !

A mercredi prochain.

#bonheurautravail #philosophie #management  #bienetre   #psychologie

Victor de Bock

 

Partagez sur:

Leave a Comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.