5 mai 2021: L’intelligence émotionnelle fête ses trente ans !

Intelligence emotionelle

L’intelligence émotionnelle fête ses trente ans !

 

Il y a près de dix ans, j’étais invité à participer, avec une dizaine d’autres managers triés sur le volet, à un séminaire résidentiel sur le thème du leadership en entreprise, animé par le regretté Peter De Prins, professeur à la Vlerick Business School (Gent/Leuven). Quelle chance et quel bonheur d’avoir pu partager ces moments avec lui. Le deuxième ou troisième jour, il s’est permis un aparté sur le thème de l’intelligence émotionnelle. Le sujet n’était pas prévu au programme, mais cela l’amusait visiblement énormément. Il nous proposa une sorte de quizz « sauvage » sous forme de vingt questions ; un questionnaire psychologique. A la fin du quizz, il demanda à chacun de s’attribuer une cote de 1 à 20. Notre façon de nous autoévaluer était probablement le véritable test. La majorité des participants s’est attribué une cote relativement bonne (de 14 à 16/20), et quelques-uns allant même jusqu’à 18/20 ! Quant à moi, Je m’étais attribué un timide 12/20. Après dépouillement des résultats, quelle ne fut pas notre surprise, les cotes allaient de 8 à 12/20. J’avais quelque peu mieux « réussi » avec un 16/20.

Je dois bien l’avouer aujourd’hui, j’avais un peu « triché ». Si je ne connaissais pas les paroles (c’est-à-dire les questions), j’en connaissais bien la musique (c’est-à-dire le thème).

C’est pendant les vacances en 1999 (je note toujours la date de mes lectures), que je dévorais les deux tomes de

Daniel Goleman, L’Intelligence Émotionnelle, publié en 1995 et 1998.

https://www.lisez.com/livre-grand-format/lintelligence-emotionnelle-tome-1/9782221082843

Comme l’auteur nous le rappelle, le modèle de l’intelligence émotionnelle a été proposé pour la première fois en 1990 par Peter Salovey et John Mayer sous la forme de cinq domaines : (1) la connaissance des émotions, (2) la maîtrise de ses émotions, (3) l’automotivation, (4) la perception des émotions d’autrui, et (5) la maîtrises des relations humaines.

Il suffit de se replonger dans l’un ou l’autre des nombreux chapitres pour se rendre compte de la véracité de ses écrits, même trente ans plus tard.

Je vous ne ferai pas l’insulte de résumer le livre. D’ailleurs, il ne faut pas le résumer, il faut le lire ou le relire. J’ai souligné et annoté des centaines de phrases et paragraphes. Aujourd’hui, deux m’amusent tout particulièrement, surtout en pensant que cela a été écrit il y a un quart de siècle :

« En présentant son premier bilan, le PDG d’une entreprise de biotechnologie californienne énumérait fièrement les caractéristiques qui faisaient de son entreprise une réussite exceptionnelle : personne, pas même lui, n’avait un bureau fixe, tout le monde se déplaçait avec un petit ordinateur portable, bureau portatif relié à tous les autres (…).

Quel est donc l’aspect négatif ? lui ai-je demandé.

— Il n’y en a pas.

Ce n’était malheureusement pas vrai (…). Le rythme de travail frénétique épuisait les employés et leur interdisait toute vie privée. Et, bien qu’étant tous reliés à l’ordinateur, ils avaient l’impression que personne ne les écoutait vraiment.

Ces gens ressentaient un besoin énorme de relations, d’empathie, de communication ».

Cela vous dit quelque chose, surtout en période de Covid ?

Ou encore, quand il écrit :

« De toutes les relations de notre vie professionnelle, la plus importante est celle que nous entretenons avec notre chef, à cause de l’impact qu’elle a sur notre santé émotionnelle et physique (…). Une journée difficile au bureau ne pose pas de problème, mais une ambiance conflictuelle permanente avec un supérieur finit par altérer les défenses immunitaires ». 

Non, l’intelligence émotionnelle n’est certainement pas un phénomène de mode. Aujourd’hui, nous devons non seulement être capables de combiner QI et QE, mais aussi savoir y intégrer l’intelligence artificielle. Il y a quelques jours, les chirurgiens de l’hôpital d’Alost (Belgique) ont à l’aide d’un robot (Siemens) poser un stent afin de maintenir un vaisseau sanguin dilaté d’un patient, ou faudrait-il plutôt dire un robot assisté d’une équipe de chirurgiens…

Enfin, pour conclure, l’intelligence émotionnelle n’aurait-elle pas deux mille ans ? Que dire de ces paroles de Marc Aurèle : « Ne t’irrite pas le moins du monde contre ces hommes. Tu dois, au contraire, t’intéresser à eux et les traiter avec douceur, mais en te rappelant que ces gens-là, n’ont pas les mêmes principes que toi ».

 

A bon entendeur salut !

A mercredi prochain

 

#leadership #intelligenceemotionnelle #vlerick #management #psychologie #ressouceshumaines

Victor de Bock

 

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