7 avril 2021: « Demain j’enlève le bas ! »

Influences Sournoises

« Demain j’enlève le bas ! »

 

Souvenez-vous de cette publicité au début des années 80 !

https://www.lesechos.fr/2010/08/myriam-quand-la-publicite-tient-ses-promesses-1086979

Manipulation ou génie créatif ?

Et si nos ministres annonçaient :

« Le 1er mai, on ouvre les terrasses ! » … 

Et si l’on voyait les ouvriers de la régie communale « ouvrir » les trottoirs pour, comme le règlement communal le dit, « procéder au renouvellement global des trottoirs pour l’ensemble de la voirie ».

Que diriez-vous ? Manipulation ou génie créatif ?

 

Petit traité de manipulation

Dans leur livre, La soumission librement consentie (1998), Robert-Vincent joule et Jean-Léon Beauvois,

https://www.unitheque.com/la-soumission-librement-consentie/puf-presses-universitaires-france/Livre/107933

se posent la question de l’éthique dans les stratégies de manipulation :

« nous souhaiterions nous interroger sur ce qui serait une stratégie de changement ne soulevant aucune objection éthique, bref sur ce qui serait une pratique de changement idéale. Comment peut donc s’y prendre un agent de changement irréprochable pour obtenir d’une personne X ou Y un comportement spécifique (…), comportement qu’elle n’aurait pas réalisé spontanément ? ».

C’est bien une des questions à l’ordre du jour que tout dirigeant, de Macron à Merkel, doit  se poser ou poser à leurs spécialistes et experts.

 

Que fait alors l’expert ?

Il réunit les arguments disponibles, les organise dans un message le plus persuasif possible en utilisant les techniques disponibles, délivre son message et s’assure de sa bonne compréhension.

Cela ne peut être qu’une pure fiction, et cela pour quatre raisons :

(1) L’agent de changement devrait disposer à coup sûr de la vérité avec lui (mais rien n’est moins sûr).

(2) La personne cible devrait être dans la disposition de recevoir le message persuasif et de le traiter au fond (mais rien n’est moins sûr).

(3) La personne cible ne devrait pas disposer elle-même d’arguments tout aussi vrais la conduisant à ne pas faire ce qu’on attend d’elle (mais rien n’est moins sûr).

(4) L’argumentation développée devrait se concrétiser par un comportement effectif (mais rien n’est moins sûr).  

 

« La réalité est porteuse de contradiction (…), nous disent-ils. L’oubli de cette idée conduit à la pensée unique, à la politique des experts et au pouvoir des technocrates », et de constater qu’il n’existe pas de situations qui satisfassent à ces quatre conditions : « nous pensons volontiers que, si de telles situations existaient, on serait en mesure de se passer de spécialistes ».

 

Quels choix alors pour les spécialistes ?

Il n’aurait le choix qu’entre les techniques de propagande ou celles d’influence. « De ces deux options l’une est-elle plus immorale que l’autre ? Évidemment non », nous disent les deux professeurs d’université.

 

Démocratie et sondage d’opinion

 

Les ouvrages de Joule et Beauvois sont truffés d’exemples, et je ne pouvais pas ne pas terminer par celui-ci. Dans son livre, Les influences sournoises (2011),

https://editionslesperegrines.fr/catalogue?op=allwords&search=Jean-L%C3%A9on%20Beauvois

Jean-Léon Beauvois s’interroge sur la démocratie d’opinion, et écrit : «  aussi, il est plus commode de manipuler les opinions et de donner à croire aux individus qu’ils en ont une », et de poser, à titre d’exemple, une question de sondage d’opinion (qu’il prétend ne pas être réelle mais servant à illustrer un fait d’opinion) : «  Question : Etes-vous pour qu’on fasse de la lutte contre les pandémies une grande cause nationale ? Oui ou non ».

Dix ans plus tard, la réponse semble bien facile.

Comme quoi cette période nous invite à lire ou relire des ouvrages devenus des classiques en la matière … afin de ne pas se faire soi-même trop manipulé.

 

A bon entendeur, salut !

A mercredi prochain.

#covid #psychologie #manipulation #marketing #influence #politique

 

Victor de Bock

 

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