31 mars 2021: « Non, non rien n’a changé … tout, tout a continué ! »

histoire du travail

« Non, non rien n’a changé … tout, tout a continué ! »

J’avais dix ans, les Poppys chantaient « Non, non, rien n’a changé, tout, tout a continué ».





Comme tous ceux de ma génération, je ne peux qu’avoir frissons et émotions en réentendant les paroles de cette chanson mythique.

Mais combien de temps faut-il vraiment pour changer nos habitudes ? Trente ou soixante jours nous disent les psychologues. Qui sait ? Et pour changer quoi ou pour quoi ?

Cela fait plus d’une année que nous sommes soumis aux mesures anti-covid et nous aurions donc eu dix fois le temps de changer. Depuis les Poppys, nous avons eu cinquante années pour changer, mais comme ils le chantent si bien «  et pourtant bien des gens se sont mis à genoux pour prier ».

 

Révolutions technologiques …

Est-ce que les différentes révolutions technologiques, le télé-travail , le travail nomade, l’uberisation … ne vont  pas tout simplement reproduire ce qui s’est déjà passé ? Comme un éternel recommencement, comme nous le dit François Barret dans son livre, Histoire du travail, PUF, 1944 :

https://www.le-livre.fr/livres/fiche-ro80110195.html

« De 1900 à 1937, l’économie de main d’œuvre réalisée par le progrès technique aux États-Unis a été estimée à 38% ».

Quelle sera ce pourcentage avec la nouvelle révolution technologique ? Vers où va déplacer les prochains gains de productivité, et que vont devenir tous ces travailleurs ?

« Les individus qui n’ont pu se réintégrer dans ces diverses professions, nous dit François Barret en 1944, sont des chômeurs, créant ainsi une nouvelle sorte de chômage, le chômage dû au machinisme, que l’on a appelé le chômage technologique ».

Comme quoi ; « non, non, rien n’a changé ! ».

 

Structure économique …

Et, il poursuit, en nous disant (en 1944) : « La question du chômage technologique ne pourra donc être résolue que par un changement dans la structure économique, par une nouvelle organisation politique et sociale ».

Comme quoi « rien n’a changé ! ».

Est-ce la fin de travail-salarié pour un travail-libre ?

Est-ce le moment de véritablement penser à un revenu universel ?

Est-ce que les gains de productivité pourront enfin nous permettre de ne plus travailler (ou beaucoup moins) ? 

Est-ce que les nouveaux travailleurs sont comme ceux décrits par François Barret au 18ème siècle : «  A Gand, les nouvelles fabriques de toiles ne s’établissent que lorsque les cadres de l’organisation corporative ont été brisés. De vastes fabriques de draps s’installent dans les campagnes, où elles échappent à tous règlements, et trouvent une main-d’œuvre facile ».

Cela ne nous fait-il pas penser à certaines situations actuelles ?

Comme quoi « non, non rien n’a changé ! ».

 

A bon entendeur salut !

A mercredi prochain.

 

#travail #economie #bonheurautravail  #revenuuniversel

Victor de Bock

 

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1 Comment

  1. Effectivement comme le dit Victor De Bock, rien n’a changé!!
    Mais il n’est pas le seul à avoir cette désagréable impression…
    Regardez autour de vous, les gens sont plus préoccupés par leur petit bien -être et leurs petits problèmes (en tout cas une certaine couche de la population) pour essayer ou vouloir changer quelque chose!!!
    Que ce soit la population raisonnablement aisée ou la bourgeoisie et la classe dirigeante, personne ne veut toucher à ce petit confort dans lequel nous nous trouvons. Les seuls aujourd’hui à se battre pour survivre sont les gens complètement arrêtés par les mesures anti covid.
    Alors peur du risque ou peur de la perte d’avantages? A moins que ce ne soit la perte de voies pour des hommes politiques qui voudraient entreprendre un changement? Nobody knows!! Mais en tout cas, rien n’a changé!

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